Sous l’explosion gigantesque mais stérile du sablier élastique, Nidorut tremble au bruit énorme des coques qui se brisent par le milieu de leur valve, terrorisé à l’idée d’être atteint par leurs grains. Pourtant, il sait qu’il n’échappera pas à la puissance implacable du maître des lieux. Le sablier élastique aux pouvoirs magiques est là, solidement planté au milieu d’un champ de sable gris.
Nidorut se replie sur lui-même sous cet orage de billes. Soudain, le calme le plus impressionnant terrasse la tornade et Nidorut, intrigué, sort de sa cachette. Le sablier élastique règne toujours, imposant et calme, au milieu du terrain sablonneux.
Quatre gnomes, sortis de terre, surgissent brusquement devant lui en clignant de l’œil :
« _ Voudrais-tu nous suivre ? Déclare le plus vieux, tu as été désigné par notre maître. Tu dois nous suivre. Car notre maître à beaucoup à te dire.
Sentant très exactement que ces deux-là n’ont pas l’intention de rire, Nidorut se laisse guider, les yeux bandés, par les lutins sacrés.
Lorsqu’on lui libère les yeux, il se trouve dans une longue caverne humide, peuplée d’autres gnomes ; cerclée d’un vaste boyau où pestent des serpents bileux, elle rayonne cependant, comme baignée d’une sourde lumière venue de nulle part.
Au centre se trouve un long personnage noir. Sa taille dépasse de loin celle des autres. On ne voit que ses deux yeux luisants et rouges dans tout ce noir, et deux grands bras maigres qui, parfois, s’agitent. L’un des grands bras se lève et fait signe à Nidorut de s’avancer. Nidorut, impressionné tant soit peu par la solennité de la cérémonie, s’avance dans la galerie, ne sachant trop comment se comporter. Alors, le grand personnage noir commence d’une voix profonde :
- C’est toi que j’ai choisi afin d’indiquer la voie à ceux que tu rencontreras. Je ne te donne aucun pouvoir. Mais tu dois obéir. Tu es le messager.
Nidorut est frappé par le manque de tact de cet individu en apparence sans scrupule : comment ? Il s’imagine sans doute qu’il va se laisser manipuler sans broncher ? Soudain il éclate :
- Je ne sais pas sur quelles données vous vous êtes appuyé, mais je peux vous affirmer que votre calcul est stupide et faux. Je ne ferai rien du tout de ce que vous sous-entendez et je m’en vais.
A ces mots, les quatre gnomes lui sautent dessus : l’un lui tire les yeux hors de la tête, un autre lui brise le torse d’un coup de hache, un troisième, lui ayant scié les pieds, le met hors d’état de nuire et le dernier lui saute sur les épaules et lui tape sur le crâne de toute la force de ses petits poings.
- C’est bon ! cria Nidorut. Je capitule ! Je transmettrai le message, s’il le faut, et je chercherai à communiquer.
- Très bien, alors, déclara le grand personnage noir, Tu peux aller. Je n’ai jamais douté de ta bonne volonté, et j’ai de toute façon toujours eu l’habitude d’être obéi.
Dans un grand cri de trompette, la porte de pierre s’ouvrit et Nidorut fut projeté sur le sable.
Dans les branches du sablier élastique, une aire de glace. Et au centre, l’aigle de pierre et de fer, impassible règne, dominateur.
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